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Aidant familial : un métier à part entière et à plein temps !

Date: Mardi, 3 novembre, 2020
Lieu: Ramonville

En France, 11 millions de personnes aident un proche dépendant ou malade au quotidien. Un chiffre en constante augmentation. Le rôle d’aidant est source de difficultés sanitaires, personnelles et professionnelles. Accompagner un proche en perte d’autonomie exige de mesurer la charge de travail et le temps imparti à ce rôle. Quels sont le rôle, le statut et les droits de l’aidant familial ?

 

Qu’est-ce qu’un aidant familial ?

 

Selon la loi du 28 décembre 2015 sur l’Adaptation de la Société au Vieillissement, l’aidant est « toute personne qui intervient de manière régulière et fréquente, à titre non-professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne » dans la vie d’un proche dépendant. En 2020, un Français sur 6 est un aidant, fournissant une aide occasionnelle ou régulière pour effectuer des tâches domestiques et administratives.

 

Qui sont les aidants familiaux ?

 

  • 58% sont des femmes
  • 80% ont moins de 65 ans
  • 62% travaillent
  • 39% aident 2 personnes ou plus
  • 58% aident un proche en situation de dépendance due à la vieillesse
  • 79% aident un membre de leur famille (pour 39%, il s’agit d’un parent)
  • Un aidant sur 6 passe au moins 20 heures par semaine avec son proche en plus de sa profession
  • 6 aidants sur 10 ne se considèrent pas comme tels

 

La population vieillissant, un nombre croissant de personnes aura besoin d’aidants: en 2015, les personnes dépendantes étaient 1,4 million. Elles seront 2,3 millions en 2060. Les aidants permettent une économie de plus de 11 milliards d’€ par an, et ils contribuent au bon fonctionnement du système de santé.

 

Pourtant, beaucoup d’aidants ne considèrent toujours pas leur rôle comme tel, car il apparaît naturel.

 

Aidant familial : un rôle difficile à assumer au quotidien

 

Pour préserver l’autonomie à domicile de son proche, le rôle de l’aidant familial exige de s’acquitter des tâches quotidiennes comme le ménage et les courses, la toilette et les repas, mais aussi de soins de santé, la prise de rendez-vous médicaux et de gérer des formalités administratives. On y ajoute la gestion du placement dans un centre de soins ou une maison de retraite le moment venu. Pour les aidants, leur rôle devient une priorité, avec de lourdes conséquences sur leur vie.

 

8 aidants sur 10 reconnaissent éprouver des difficultés à concilier ce rôle avec leur travail, et pour près de la moitié avec leur vie de famille et leur vie sociale. La contribution financière de l’aidant au bien-être de son proche n’est pas négligeable : il consacre plus de 2000€ par an à des frais d’amélioration des conditions de vie (aide et aménagement du domicile, transport, frais de santé…).

 

Leur santé en pâtit : 38% évoquent le stress, plus d’un tiers des aidants dort mal et éprouve des douleurs physiques. 31% délaissent leur propre santé et un quart reportent leurs soins.

 

Les aidants ont aussi du mal à communiquer avec leurs proches pour faire comprendre les obstacles quotidiens à surmonter, leur moindre disponibilité, et demander de l’aide. En résulte un isolement compliquant la vie de l’aidant. Dans la vie professionnelle, devenir aidant familial est source de difficultés : peu souhaitent en faire part à leur hiérarchie, par souci de discrétion et de répercussion négative sur leur évolution professionnelle. Parmi celles-ci : stress et fatigue causant une perte de concentration, baisse d’efficacité et crainte de perdre son emploi, perte de salaire en raison de congés sans solde.

 

Pourtant, révéler sa situation aux ressources humaines, faire aménager son temps de travail et parler de ses difficultés à ses collègues proches, peut-être eux-mêmes concernés, peut alléger la souffrance psychique de l’aidant familial. Une meilleure reconnaissance des difficultés peut même contribuer à développer une plus grande efficacité, prise de recul, écoute et empathie au travail.

 

Quels sont les droits des aidants ?

 

30% des aidants déplorent la complexité administrative de leur situation, et 56% souhaitent une meilleure coordination des acteurs concernés. Compte tenu de cette situation, les droits des aidants se renforcent.

 

– Une rémunération ou compensation financière pour remplacer le montant de salaire perdu lorsque l’aidant familial sacrifie une partie de son travail pour s’occuper de son proche.


 

– Congé du proche aidant : l’aidant familial peut temporairement cesser de travailler pour s’occuper d’une personne dépendante, ascendant ou descendant ou personne avec laquelle il réside, en couple ou non. La durée est fixée par convention ou accord collectif, ou en son absence, à 3 mois.

 

– Droit à la formation : l’aidant n’est pas un auxiliaire de vie ou une infirmière qualifiée. Il peut bénéficier d’une formation pour s’occuper de son proche. L’Association Française des Aidants propose une formation en ligne pour guider les aidants dans la vie quotidienne avec leur proche et trouver des solutions à leurs problèmes.

 

– Droit au répit de l’aidant : un aidant ne se substitue pas aux professionnels, et il n’est pas obligé d’aider. La loi sur l’Adaptation de la Société au Vieillissement de 2015 prévoit un droit au répit des aidants. Elle leur permet de prendre soin de leur santé, de se reposer et du temps libre en confiant leur proche à des personnes de confiance.

 

Dans le secteur privé, des structures d’aide à domicile professionnelles viennent aussi prendre le relai des aidants en accompagnant leur proche dans les actes de la vie quotidienne. Des auxiliaires de vie diplômées se rendent au domicile des personnes âgées ou en situation de handicap pour leur apporter un soutien tant physique que moral. Le recours à de telles structures permet aux aidants de profiter pleinement de leur droit au répit, en s’adonnant à leurs loisirs et en profitant de leur proche autrement que par le spectre de la dépendance.

 



 

Source: Aquarelle